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Eaux de baignade : on va faire un plouf ?

Alors que s’ouvre la période des congés estivaux, la question est sur toutes les lèvres : plutôt mer ou montagne ? Mais s’il y a bien une activité qui réconcilie tous les vacanciers, c’est elle : la baignade. Dans la mer ou l’océan, dans les rivières de campagne ou les lacs de montagne, la baignade est l’activité reine des vacances d’été. Et pour que vous puissiez faire vos ploufs en toute sécurité, la qualité des eaux de baignade est étroitement surveillée... Mais cette activité risque d’être impactée demain par la sécheresse et le dérèglement climatique.

Si vous cherchez un lieu de vacances pour piquer une tête pendant vos congés, vous aurez l’embarras du choix en Europe. Et pour cause, l’Union européenne recense 21 859 sites de baignade dans l’ensemble de ses pays membres, ainsi qu’en Albanie et en Suisse. Des sites côtiers pour les 2/3, mais aussi des rivières et des lacs. Bref, il y en a pour tous les goûts. Mais une chose est sûre : la qualité de l’eau de chacun des sites déclarés aux autorités administratives est placée sous haute surveillance.

L’organisme chargé de cette mission de surveillance active, c’est l'Agence européenne pour l'environnement (AEE). En effet, depuis 2006, une directive européenne fixe des seuils de qualité qui déterminent si la baignade est autorisée ou non. Quatre prélèvements sont exigés a minima sur la période déclarée de baignade, soit entre juin et septembre pour la majorité des pays européens et la France métropolitaine. Ces prélèvements visent à détecter deux types de bactéries qui peuvent causer des maladies : l'Escherichia coli et l’entérocoque intestinal. Elles peuvent provoquer des affections des voies respiratoires, des troubles gastro-intestinaux, des infections des oreilles ou des yeux et des maladies de la peau.
Sur la base de ces mesures, l'Agence européenne pour l'environnement publie donc chaque année un rapport sur la qualité des eaux de baignade. Celles-ci sont classées en 4 catégories : « insuffisantes, suffisantes, bonnes ou excellentes ». Si la qualité est « insuffisante », alors la baignade doit être interdite ou déconseillée.

Se baigner les yeux fermés

Alors, peut-on se baigner sereinement en Europe ? La réponse est ... roulements de tambour ... oui, plutôt ! Selon la dernière édition de ce rapport, portant sur l’année 2021, 95% des sites de baignade européens respectaient les normes minimales de qualité de l’eau (c’est-à-dire une qualité qualifiée au minimum de « suffisantes »). Mieux encore, 85% présentaient une qualité de l’eau « excellente ». C’est particulièrement le cas des sites côtiers (88% des eaux classées comme excellentes) et légèrement moins en ce qui concerne les sites intérieurs, c’est-à-dire les lacs et rivières (78,2%). À l’inverse, les sites dont la qualité de l’eau est « insuffisante » ne représentent plus que 1,5% des lieux de baignade placés sous surveillance.

Pour faire encore mieux, et qui sait, pourquoi pas tutoyer les 100%, l'Agence européenne pour l'environnement plaide pour une meilleure évaluation des sources de pollution, une gestion améliorée des sites et la réduction de ces pollutions.

Les bons élèves... et les meilleurs

Si le niveau de toute la classe européenne est globalement bon, voire très bon, certains pays se distinguent particulièrement. L’Autriche, Malte, la Grèce et la Croatie occupent les premières places du classement, avec une remarquable moyenne de 95% de leurs eaux qualifiées « d’excellentes ». Félicitations !

Et la France, où se situe-t-elle ? Avec 75,7% de ses eaux qui sont d’une qualité « excellente », l’Hexagone ne figure qu’à la 22ème place. Peut mieux faire ! D’autant que notre pays, avec ses 3 351 sites de baignades dont 2 041 côtiers, ne recouvre rien de moins que 15% des sites de baignade européens.

Toutefois, cette valeur est un peu à nuancer car elle repose sur les résultats des sites déclarés. Or, certains pays rechignent à déclarer les sites à risque pour améliorer leur position dans le classement européen. La France joue le jeu et recèle nombre de sites de baignade d’excellente qualité, qui répondent à la beauté de ses paysages. La Corse et l’Occitanie affichent par exemple de brillantes statistiques, avec aucune plage où la qualité de l’eau est « insuffisante » depuis respectivement 2019 et 2017.

“Veolia water guard”

Le saviez-vous ? Veolia veille sur la qualité sanitaire et la sûreté de vos baignades dans près de 200 sites de baignade en France métropolitaine !

Générique de la série Alerte à Malibu © toutelateleofficiel - Les liens hypertextes dirigent vers des contenus qui sont ou peuvent être protégés par des droits de propriété intellectuelle. Générique de la série Alerte à Malibu © toutelateleofficiel - Les liens hypertextes dirigent vers des contenus qui sont ou peuvent être protégés par des droits de propriété intellectuelle.

On vous arrête tout de suite : pas de shorts rouges ou de lunettes de soleil fluos pour parader sur les plages de notre côté. Notre outil à nous, c’est Coliplage. Coliplage est une méthode d’analyse rapide : en 1h, la qualité d’eau de mer est connue. Si la qualité sanitaire de l’eau est altérée ou présente un risque, la baignade est interdite et Veolia procède à de nouvelles analyses pour assurer la réouverture aussi vite que possible. Chaque matin, 7j/7, un technicien Veolia prélève donc un échantillon d’eau de mer. Il en transmet l’analyse à la Mairie, avant l’ouverture de la plage pour affichage aux postes de secours.

En plus des méthodes officielles des autorités qui donnent des résultats en 48h, Veolia peut aussi mettre à disposition des collectivités avec lesquelles elle travaille une méthode d’analyse en moins de 4h qui repose sur la technique de biologie moléculaire. Elle est capable de suivre la présence des deux bactéries, en un temps record, et sur plusieurs sites de baignade ! C’est le cas par exemple pour la collectivité de Toulon Provence Méditerranée : tous les jours, la qualité sanitaire de l’eau de 65 sites de baignade est suivie en un temps record. Mettez de la crème solaire, votre plus beau maillot et plongez en toute sérénité, votre santé est protégée !


Des eaux toujours plus transparentes

Des travaux sont en cours au sein de la Commission européenne pour actualiser la fameuse directive européenne de 2006 qui impose ce contrôle de la qualité des eaux de baignade. En effet, de nouvelles formes de pollution sont apparues, que l’avancée des connaissances scientifiques et techniques permet de détecter et de traiter. C’est le cas par exemple des “macrodéchets” et des “blooms algaux” (oui, oui, vous avez bien lu). Ils apparaissent notamment sous l’effet de l’augmentation de la température des eaux ou en cas d’orage violent. Vous vous demandez comment les reconnaître ? Malheureusement vous ne pourrez pas les rater si votre baignade croise leur chemin : un macrodéchet porte ce joli petit nom précisément parce qu’il est visible à l'œil nu. Ce sont des déchets solides, qui viennent des usines, des commerces, des écoles ou de nos maisons. Ils peuvent être biodégradables ou non. Les “blooms algaux”, eux, sont un phénomène de prolifération exceptionnelle d'algues. Sous l’effet d’une hausse de la température de l’eau, d’une concentration de sels nutritifs ou encore de modifications de l’éclairement, des colonies d’algues habituellement inoffensives deviennent incontrôlables et produisent des effets toxiques pour les nageurs, les poissons, les crustacés et les mammifères marins. Encore un effet indésirable du dérèglement climatique et des pollutions…

Bloom algaux © Getty Images - Christopher Bissell Bloom algaux © Getty Images - Christopher Bissell

Des associations de défense de l’environnement, parmi lesquelles Surfrider, plaident depuis plusieurs années pour renforcer les règles de contrôle. Elles estiment que les règles actuelles de mesure de la qualité de l’eau ne prennent pas suffisamment de critères en compte. Elles appellent à ce que d’autres polluants soient analysés, comme les pesticides et engrais, les hydrocarbures ou les microplastiques.

Mais pourrons-nous encore nous baigner demain ?

Activité reine des vacances, certaines zones de baignade pourraient faire les frais du dérèglement climatique, et en particulier de la multiplication des périodes de sécheresse. Dans les lacs, les rivières et les mers, les épisodes de chaleurs plus intenses réchauffent considérablement la température de l’eau et modifient la qualité écologique de l'écosystème aquatique. Ils peuvent entraîner par exemple le développement des cyanobactéries. Ces toxines peuvent notamment créer des diarrhées, des troubles digestifs et des réactions cutanées...

Par ailleurs, c’est la disponibilité même de l’eau qui est menacée par le réchauffement climatique. L’été dernier, le niveau d'eau du lac de Castillon, dans les Alpes, à 900 mètres d'altitude, était cinq mètres au-dessous de la cote habituelle. La baignade était donc interdite. Tout comme à Coaraze, dans les Alpes-Maritimes. À sec, le village dépendait de la rivière pour être alimenté en eau potable.

Si l’on ne fait rien pour lutter contre la raréfaction de l’eau, les conflits d’usage autour de cette ressource vont se multiplier. Souvenez-vous, on en parlait dans le quiz sur les sécheresses [insérer le lien vers le quiz “Sécheresses : comment éviter à la France un destin Ugolin ? ”] Et si vous avez lu le quiz jusqu’au bout, vous savez que les solutions existent : alors mobilisons-nous tous ensemble - collectivités, entreprises, associations, citoyens - pour préserver nos ressources ! C’est le sens de l’initiative Eco d’Eau dont nous vous invitons à signer le manifeste.



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Dans quel fleuve français la baignade pourrait-t-elle de nouveau être autorisée dès 2025 ?

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