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Après les mégafeux, les mégapluies ?

On ne parle pas encore de mégapluie comme on parle de mégafeu. Mais qui sait ? Peut-être que d’ici quelques années, l’expression sera dans toutes les bouches. Car sous l’effet du dérèglement climatique, les inondations sont de plus en plus impressionnantes, et malheureusement de plus en plus meurtrières. Souvenons-nous des terribles pluies meurtrières qui se sont abattues sur l’Allemagne et la Belgique en juillet 2021, New-York en septembre 2021, ou encore la Sicile en octobre 2021, …

Ces mégapluies sont au cœur du premier roman de l’écrivain Pitchaya Sudbanthad, Bangkok déluge (Rivages, 2021) qui raconte plus d’un siècle de malheurs qui ont traversé la capitale de la Thaïlande.

En trame de fond de ce roman qui parcourt le temps, du 19ème siècle jusqu’en 2070, l’auteur nous plonge dans le quotidien de pluies torrentielles et incontrôlables qui anime l’héroïne de ce livre, Bangkok.

Comme l’explique le journaliste Vincent Edin dans Usbek & Rica : « Bangkok apparaît ici comme la ville aux mille vies, passant d’une jungle abondante aux mille canaux bétonnés autour du Chao Phraya. Avec le temps, ses trottoirs charrient de plus en plus d’eau, au rythme des moussons, et ses gratte-ciel ne sont pas suffisamment élevés pour empêcher l’inexorable montée des eaux ». Et de conclure : « Il y a des romans qui ont quelque chose à dire, mais qui sont bavards à l’envi et qu’on referme sans les avoir finis. À l’inverse, Bangkok déluge, avec sa narration déstructurée, son récit sans continuité, sa fin qui n’en est pas une et son inéluctable enfouissement maritime, dit mieux que beaucoup de tribunes et d’essais l’absurdité de notre inaction ou de nos actions puériles face au dérèglement climatique. »




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